Conférence de la SGNAMH tenue le 13 décembre 2017 à Heuqueville

Trouvailles 2017
Morceaux choisis de nos découvertes

Par les membres de l’Association

Au cours de cette conférence, les adhérents de la SGNAMH nous ont offert une présentation de leurs découvertes dans des domaines très différents :

Vivien Chouquet. Requins fossiles : Focus sur les Hybodontes suite à la découverte cette année de fragments d’aiguillons dorsaux.

Philippe Pin. Calcédoines : Sublimes et mystérieuses cristallisations mamelonnées de nos côtes normandes.

Annie Leprévost. Céphalopodes d’hier et d’aujourd’hui : Avec comme point de départ la découverte de deux nautiles à la carrière de Bavent.

Guy Lemasle. Granites et cornéennes ; Influence des orogenèses sur ses roches normandes.

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LES INTERVENANTS
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Vivien Chouquet
Philippe Pin
Annie Leprévost
Guy Lemasle
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LES TROUVAILLES
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Morceaux de mâchoire et de crâne d’Astéracanthus
Calcédoine : cristallisations mamelonnées
Nautiles fossiles et actuel
Granites et cornéennes

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"REQUINS FOSSILES : FOCUS SUR LES HYBODONTES"

Les requins sont apparus il y a 420 millions d’années au Dévonien. Ces animaux n’ ont que peu changé anatomiquement au cours des millions d’années, ce qui prouve qu’ils sont très adaptés à leur milieu.
Si aujourd’hui les requins sont considérés comme « les prédateurs » de nos océans c’est loin de toujours avoir été le cas. Avec la découverte d’aiguillons dorsaux et de dents de requins dans le jurassique de la région du Havre, nous pouvons aborder la diversité des requins de cette époque.
On retrouve principalement les restes d’Hybodus et d’Asteracanthus dans le kimméridgien normand. Si le premier présente des dents pointues de carnivore, le second possède des dents plates broyeuses, signes de son régime alimentaire constitué de coquillages. Un point commun à ces deux requins est qu’ils n’étaient pas les plus gros prédateurs dans cette mer jurassique. Nageant au milieu des Pliosaures et autres crocodiles marins ils devaient avoir de bons moyens de défense. A l’instar des requins de port Jackson actuels, ils possédaient sur leur dos, au niveau des nageoires dorsales, deux aiguillons probablement venimeux qui les protégeaient de tous ces prédateurs. A cela s’ajoutait une paire d’épines céphaliques en forme de pointe d’hameçon de chaque côté de la tête.
Ce soir là, une trouvaille faite il y a quelques années par notre secrétaire a été également présentée : un exceptionnel et extrêmement rare ensemble d’ossements d’un requin du kimméridgien (crâne, aiguillons, épines céphaliques etc…). Les requins étant principalement cartilagineux et le cartilage se fossilisant mal, il est rarissime de trouver de tels restes. Cette découverte sera exposée au Paléospace de Villers-sur-mer en 2018.

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Aiguillons dorsaux et épines céphaliques d’Asteracanthus
Aiguillon- Épines -Dent d’Hybodus
Requin Asteracanthus - Épine dorsale-Pavés dentaires
Requin Hétérodonte actuel de port Jackson

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"CALCÉDOINE : MYSTÉRIEUSES CRISTALLISATIONS DE NOS COTES NORMANDES"

Parmi les galets de notre littoral, certains attirent notre attention par des cassures ou des géodes colorées et un aspect mamelonné. Il s’agit de calcédoines. Celles-ci ont la même composition chimique que le silex et le quartz, c’est-à-dire de la silice SiO2.
Les minéraux en silice sont dits "polymorphes", car ils peuvent prendre différents aspects malgré une composition identique. Les différentes couleurs (blanc,jaune,ocre, bleu et même rouge vif ) proviennent des impuretés qui imprègnent leurs fibres microscopiques, en particulier des oxydes de fer.

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Calcédoines du Pays de Caux
Calcédoine colorée par les oxydes de fer
Agate et Onyx, zones régulières et nuancées
Variétés de Calcédoine

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"LES NAUTILES, CÉPHALOPODES D’HIER ET D’AUJOURD’HUI"

Déjà présents à l’ère primaire il y a 500 millions d’années, les nautiles sont encore présents de nos jours et sont les seuls céphalopodes à posséder une coquille externe bien développée. C’est en 1829 que des nautiles vivants furent observés pour la première fois alors qu’on les croyait disparus ! Leur facilité d’adaptation leur a permis de traverser les temps et de survivre aux crises majeures. On compte environ 300 espèces de nautiles fossiles alors qu’il reste actuellement que 6 espèces qui vivent dans les eaux chaudes de l’Océan Pacifique, l’Océan Indien et la Mer de Chine entre 300 à 400 mètres de profondeur ne remontant que la nuit aux environs de 60 à 100 mètres pour se nourrir.

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Cénocéras : nautiles fossiles 165 millions d’années
Carrière de Bavent Plaines jurassiques de Caen
Nautile actuel
Nautile, emblème en Nouvelle Calédonie

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"LE SOCLE COMPOSITE DU MASSIF ARMORICAIN"

Le socle composite du Massif Armoricain montre en particulier le granite hercynien de Flamanville dans la Manche et le granite cadomien d’Athis dans l’Orne, non loin de Condé-sur-Noireau en Suisse Normande.
Ce sont des roches magmatiques, plutoniques, en massifs, intrusives à l’emporte-pièce donc discordantes dans l’encaissant où elles déterminent un métamorphisme de contact de type haute température-basse pression. Ce dernier fait apparaitre une auréole proximale de cornéenne et une auréole distale de schistes tachetés. Tous deux possèdent des enclaves : xénolithes de cornéennes, enclaves surmicacées ou restites et des enclaves magmatiques sombres, les crapauds des carriers. Tous deux sont des granodiorites.

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Carte géologique de la Basse-Normandie
Granite porphyroïde de Flamanville
Cornéenne micacée
Granite d’Athis

Le granite de Flamanville est un granite calco-alcalin granodioritique, porphyroïde, à gros feldspaths roses dans un ensemble à grains moyens. Il est fait de quartz, d’orthose avec de l’hématite dans les clivages, de microcline, de plagioclase, comme minéraux cardinaux. ses minéraux essentiels sont la biotite et l’amphibole hornblende, ses minéraux accessoires sont le sphène, l’apatite,le zircon,la magnétite.Ce granite est ferro-potassique et s’aligne sur près de 300 km sur une direction NE-SW, N50E, proche de la direction cadomienne, avec les granites de Barfleur, de Ploumanach et de l’Aber Ildut.
Il est daté de 300 Ma, soit du stéphanien, la fin du carbonifère.Il est tardi-hercynien, voire post-orogénique. Il métamorphise des terrains du paléozoïque du cambrien, ordovicien,silurien et en particulier le dévonien inférieur (Siegénien) de la formation des Schistes et calcaires de Néhou où ils développent des cornéennes à diopside,à hornblende, à grenat, outre de la wollastonite (skarns à silicates calciques). Il dérive d’un magma calco-alcalin métalumineux et a une origine mixte, crustale et mantellique, dans une zone de détente post-collision (granite I)
Le granite d’Athis est gris-bleu granodioritique lui aussi mais date de 540 Ma et appartient à l’orogénèse cadomienne de la fin du précambrien. Il est isogranulaire, à grain moyen, à quartz, orthose, plagioclase, mais renferme biotite et cordiérite, outre zircon et tourmaline parfois.Il métamorphise le flysch du briovérien supérieur où il développe des cornéennes à biotite et cordiérite.Il est antérieur au cambrien non métamorphique qui le recouvre en discordance (synclinal de la Forêt d’Auvray). La présence de cordiérite en fait un magma hyperalumineux). il est d’origine crustale (granite S) et s’est mis en place dans un contexte géodynamique de collision arc-continent de l’hémisphère austral.

Ces deux exemples témoignent du caractère composite et complexe de notre socle normand.

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