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Société Géologique de Normandie et des Amis du Muséum du Havre

Pentecôte 2019
Excursion géologique de la SGNAMH
en Basse Normandie - 2ème journée

Géologie - Paléontologie - Préhistoire - Minéralogie

Du 08 au 10 Juin 2019 les membres de la SGNAMH se sont rendus sur les côtes du Calvados. Cette seconde journée de notre excursion nous conduit sur la plage de :

Sainte-Honorine-des-Pertes
la falaise des Hachettes, stratotype du Bajocien.
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Falaises côté ouest
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Falaises côté est

En arrivant sur la plage on peut observer vers l’ouest les eaux ruisselantes sur les marnes Bathoniennes peu perméables déposant des travertins sur la falaise de calcaire. Vers l’est, la partie vive de la falaise est essentiellement composée de calcaires à spongiaires.

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Ces falaises sont un haut lieu de la géologie régionale car c’est d’après l’étude des fossiles contenus dans leur roches, qu’en 1852 le géologue Alcide d’Orbigny a défini un étage du Jurassique Moyen : le Bajocien.

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Flanc ouest de l’aiguille des Hachettes
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Coupe de Sainte-Honorine-des-Pertes

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Observation de la coupe du stratotype du Bajocien

On observe de bas en haut :

La Malière (Bajocien inférieur) visible sur 2 à 3m, est un calcaire gris beige légèrement sableux et glauconeux, peu fossilifère. Le sommet plus riche en glauconie est érodé par la surface Sainte Honorine 1.
La couche verte (0-0,3m) comble les dépressions de la surface d’érosion Sainte Honorine 1. Ce dépôt discontinu issu du remaniement des fossiles et des galets sous-jacents recèle une faune propre. Elle est ravinée à son tour et tronquée par la surface de Sainte Honorine 2.
L’Oolithe ferrugineuse de Bayeux (0,05 à 0,50m) est caractérisé par sa grande richesse en fer. A la base, le conglomérat de Bayeux (Bajocien inférieur) accumulation de oncolithes ferrugineux formés par précipitation du fer autour d’éléments remaniés roulés dans un milieu de forte énergie. Dans un milieu plus calme se sont développés les Stromatolithes construits grâce à l’activité de cyanobactéries.

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Oncolithes ferrugineux
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Conglomérat de Bayeux
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Stromatolithes

Le calcaire à spongiaires, (Bajocien supérieur - 10 à 12m), partie vive de la falaise autrefois appelé oolithe blanche, en bancs massifs et noduleux, est caractérisé surtout par une faune abondante d’éponges siliceuses et d’éponges calcaires accompagnée d’une faune commensale avec brachiopodes, oursins réguliers, serpules bryozoaires. Les ammonites sont rares et souvent mal conservées.

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Ammonite Parkinsonia
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Biohermes spongiaires
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Ammonite
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Bellemnite
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Ctenostreon rugosum

Les marnes sombres de Port en Bessin (Bathonien inférieur), d’environ 15m, zone grisâtre débutant pour les couches de passage.
Les calcaires du Bessin (Bathonien moyen) Caillasses
Le loess quaternaire, couche superficielle, ocre, recouverte de végétation.


Intermède à la géologie …..avec le passage d’une flotte militaire de légende, à l’occasion du 75ème anniversaire du débarquement.

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Avion C-130 Hercules
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Hélicoptère Chinook

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Après le déjeuner tiré du sac, les commémorations du D-DAY 1944 nous rendent l’accès à la mer difficile et nous changeons notre programme en partant pour une visite de notre patrimoine normand :


Le Musée de la Mine de Le Molay-Littry
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L’histoire de la mine de Littry débute au XVIIème siècle, après la découverte d’un affleurement de charbon, prélude d’une intense activité industrielle. En 1747 naquit la Compagnie des Mines de Littry qui, à son apogée vers 1840, comptait près de 950 ouvriers.

La concurrence sévère de l’Angleterre et du Nord de la France, associée à des conditions géologiques peu favorables, provoquèrent son déclin. La Compagnie des Mines de Littry fut dissoute en 1879 et en 1880 les puits furent fermés et noyés.

Le musée de la Mine est l’un des doyens des musées miniers français. Installé sur l’ancienne fosse "Franchemiche" et inauguré en 1907. L’accueil donne accès au terrain occupé par les vestiges de la fosse : un terril, une berline de mine, une ancienne cheminée , l’orifice du puits de mine, et les fondations restaurées des bâtiments dont l’emplacement de deux chaudières à vapeur.

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Le puits et la cheminée
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Locotracteur

Les collections évoquent l’environnement quotidien des mineurs et l’évolution des techniques d’extraction du XVIIIème au XIXème siècle grâce à la collection d’outils et de machines.

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Les wagonnets
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Maquette du carreau minier

Le hall accueille une machine à vapeur identique à celle qui équipait la fosse Franchemiche, destinée à remonter le charbon d’un puits d’extraction. Le musée expose également une maquette de la fosse des mines de Bruay que l’on rejoint après avoir traversé une galerie de mine reconstituée, l’univers des "gueules noires".

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La machine à vapeur des frères Périer

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Pour clore cette journée, route vers Marcy, petit village situé à quelques kilomètres pour rendre visite au

Musée de la Meunerie
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Le Moulin de Marcy, transformé depuis 1986 en Musée de la Meunerie, est établi sur le petit cours de la Siette. Il est l’un des derniers moulins à eau et représente un spécimen rare de ces moulins à grains qui, depuis le Moyen Age, ont autant marqué le paysage rural que les églises ou les châteaux.Sans doute faisait-il partie de ces moulins offerts, avec la paroisse de Littry en 1042, à l’abbaye de Cerisy par Guillaume, duc de Normandie.

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Découverte de la ferme moulin
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Roue à augets

Sa machinerie, en état de fonctionnement, toute de bois et de fonte, est entraînée par une roue à augets, propulsée par une chute d’eau.

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Charrue araire
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Atelier du meunier

Dans un cadre séduisant,de bois et d’eau, cette ferme moulin est composée d’un ensemble de bâtiments ruraux des XVIIIème et XIXème siècles, évoquant l’activité agricole de ce site : étables, cellier-pressoir, porcherie, laiterie, four à pain, lavoir, possédant pour l’essentiel leur mobilier et leur collection d’outils anciens.

La journée n’était pas terminée pour certains qui, après le dîner, ont eu la bonne idée d’une petite balade en bord de mer et vu un phénomène rare :

Le Rayon Vert

Guy Lemasle, Président d’Honneur de la SGNAMH, a bien voulu nous communiquer cette information :

"C’est donc bien la réalité. Il est associé aux couchers de soleil et revêt souvent une dimension quasi mythique, voire mystique dans l’imagination. C’est Jules Verne (1828-1905) qui, le premier, a révélé ce rayon en 1882. La réfraction est la clef du mystère.Il s’y ajoute la dispersion car la réfraction est plus importante aux courtes longueurs d’onde : le violet est plus haut dans le ciel que le bleu qui est lui-même plus haut que le vert et ainsi de suite jusque au rouge. Les images se chevauchent en fait, excepté pour le bord supérieur violet et le bord inférieur qui est rouge. Les derniers rayons solaires visibles devraient être le violet. Alors, pourquoi le rayon est-il vert ? C’est là qu’interviennent l’absorption et la diffusion qui agissent pour ôter certaines couleurs. L’absorption par la vapeur d’eau atmosphérique enlève une grande partie du jaune et de l’orange. La diffusion par les molécules de l’air et les fines particules en suspension dans l’atmosphère enlève le bleu et le violet. Il ne reste que le vert au bord supérieur et le rouge au bord inférieur. Pour cette raison, à la fin, nous voyons un flash vert. Sous nos latitudes, le rayon vert peut durer plusieurs secondes. Vers l’extrême nord ou sud le rayon vert peut durer plusieurs minutes , voire plusieurs dizaines de minutes".

"Ce serait intéressant d’avoir des photos de ce rayon vert mais ce n’est guère facile suite au caractère éphémère du processus sous nos latitudes".